Depuis novembre 2002, CineHorizontes nous donne rendez-vous avec le cinéma espagnol et nous fait partager des centaines de vies pétries d’expériences, de désirs, d’inquiétudes, de rires et de larmes et, représentatives de la réalité espagnole. Elles défilent sur les écrans de Marseille et de sa région, comme une cérémonie de rapprochement à l’autre, au voisin par-delà mers et montagnes.

 

En 2018, CineHorizontes prend un nouveau virage avec un changement de direction, sans que pour autant les objectifs fixés à sa création en soient modifiés : proposer au public marseillais et régional, les nouveautés du cinéma espagnol, sans oublier le cinéma d’hier.

 

Cette édition est marquée également par des changements profonds qui rendront difficile le développement des festivals dans le futur. Les producteurs cèdent de plus en plus leurs droits à des plateformes digitales, rendant parfois inaccessibles leurs films aux Festivals. Notre programmation s’est heurtée à ces impératifs, mais a toutefois réussi à présenter une sélection caractéristique du cinéma espagnol récent.

 

En 2017, le cinéma cubain avait fait son apparition dans le programme. Cette année, cette Ventana Cubana s’ouvrira en grand lors du prélude à la BMVR l’Alcazar et à l’Alhambra avec la présence inespérée de l’acteur Vladimir Cruz. Bien sûr, la fête battra son plein !

 

Littérature et cinéma, toujours liés dans d’autres éditions, le seront encore cette année avec un invité d’exception, Antonio Muñoz Molina, académicien, prix National et Prince des Asturies de Littérature. Il donnera le coup d’envoi du Festival, lors d’une rencontre sur son oeuvre à la BMVR. Le jour de l’ouverture, il nous présentera El espíritu de la colmena (L’esprit de la ruche), le chef-d’œuvre de Víctor Erice qui a marqué des générations d’espagnols. Il s’expliquera sur les raisons de son choix.

 

Notre grand ami Sergi López nous a fait l’honneur d’accepter d’être le parrain de cette 17ème édition sur laquelle soufflera un vent de renouveau avec la présence de nombreux réalisateurs qui, pour la plupart, n’ont pas 45 ans. De jeunes talents déjà remarqués dans d’autres Festivals comme ceux de Málaga, avec Marta Díaz de Lope et son premier film Mi querida cofradía, notre film d’ouverture, ou de Cannes avec Arantxa Echevarría dont le Carmen y Lola fut l’un des deux films espagnols sélectionnés à la Quinzaine des Réalisateurs.

 

Nous découvrirons également les pépites des cinémas catalan et basque dont le phénomène Handia, le film aux 10 Goyas. N’oublions pas les documentaires centrés sur des histoires palpitantes.

 

En bref, un Festival fait de diversités : diversité des histoires, diversité des désirs, diversité dans l’expression linguistique à l’image de l’Espagne fière de cette pluralité, cette mosaïque qui fait sa richesse et celle de son cinéma. Un Festival dont les maîtres mots seront :  AIMER, S’AIMER, S’ÉMOUVOIR, RESPECTER, PARTAGER.

 

Marie-Rose CARTON PINNA

Domingo GARCÍA CAÑEDO.