Réjouissons-nous de la bonne santé du cinéma espagnol !

L’an dernier, l’Espagne a produit 132 films dont plusieurs, a l’exemple de La Isla Mínima, d’Alberto Rodríguez, ont obtenu de beaux succès internationaux.

En 2016, la moisson s’annonce tout aussi fructueuse avec des films comme Truman, couronne par tous les Goyas possibles, ou comme Julieta de Pedro Almodóvar et Mimosas d’Olivier Laxe, sélectionnés dans les plus grands festivals.

Du 12 au 24 novembre, la présente édition reflétera fidèlement cette vitalité.

Aux différentes compétitions qui, toutes, regroupent des films encore inédits dans notre pays, s’ajoute un certain nombre d’avant-premières exceptionnelles, comme celle de L’Homme aux mille visages, nouveau film (très attendu!) d’Alberto Rodríguez que CineHorizontes présentera en première française.

Parmi la cinquantaine de films sélectionnés, tous les genres, tous les styles sont représentés : thrillers, comédies, gros et petits budgets, films résolument citoyens, cinéma d’animation, burlesque délirant comme le nouvel opus d’Alex de la Iglesia.

Les thèmes ? Les utopies, la poésie, le rêve, la femme et le désir, la jeunesse confrontée au meilleur ou au pire des mondes, la démocratie comme une urgence nécessaire… Le tout dans le décor d’un monde ouvert, tel une Tour de Babel, a toutes les langues et toutes les cultures possibles.

UNE MARRAINE, DEUX HOMMAGES ET LUIS BUÑUEL

Pour soutenir cet ambitieux programme, CineHorizontes a trouve une précieuse marraine : la réalisatrice Isabel Coixet, l’une des figures les plus généreuses et les plus atypiques du cinéma espagnol. Regardez bien l’affiche du festival, c’est elle qui l’a créée pour nous et nous lui en sommes infiniment reconnaissants.

Nous rendrons par ailleurs hommage, en leur présence, à deux personnalités sans qui le cinéma espagnol ne serait pas ce qu’il est.

Rossy de Palma d’abord, figure incontournable du cinéma d’Almodóvar, dont nous saluerons par ailleurs le travail lors d’une séance spéciale de Julieta, en présence du chef-opérateur du film, Jean-Claude Larrieu et Inma Cuesta, une des actrices principales.

Le second grand invité n’est autre que Carlos Saura. A travers quatre de ses films majeurs – dont le dernier, Jota, présente, lui aussi, pour la première fois en France – nous voulons mettre en lumière la profonde hispanité de ce cinéaste qui n’a cesse d’explorer et de démystifier les labyrinthes de l’histoire de son pays.

Autre moment d’exception, en forme de prélude : le week-end entier consacré à Buñuel à l’Alcazar et à La Villa Méditerranée-Avitem. Concocté en étroite collaboration avec l’association Cinépage, il sera animé par celui qui fut son scénariste pendant plus de 20 ans, Jean-Claude Carrière, et par Arnaud Duprat de Montero, grand spécialiste du cinéaste.

Bien sur, il y aura des fêtes, des rencontres avec nos très nombreux invités, sans oublier la traditionnelle fenêtre que nous ouvrons chaque année sur le cinéma sud-américain : elle sera cette fois consacrée a l’Argentine.

Notons aussi que, pour la première fois, des radios et des télévisons espagnoles réaliseront des émissions depuis CineHorizontes.

Parmi nos partenaires, nous nous réjouissons de pouvoir conjuguer certaines projections avec l’association Aflam ou le PRIMED du CMCA et de compter cette année sur l’accueil de l’Université d’Aix-Marseille.

Nous sommes fiers de l’appui pérenne de nos partenaires, institutionnels ou privés, français et espagnols. Grâce a eux, nous continuons a servir ce cinéma qui, par delà le rôle essentiel qu’il joue dans la construction de l’identité espagnole, « parle” a l’imaginaire de tous les cinéphiles, quelle que soit leur origine.

Je voudrais en conclusion rendre hommage a Frédéric Perrin qui accueille avec chaleur et sympathie notre festival au cinéma Le Prado, à mon équipe si dévouée, si compétente, et en particulier à deux personnes, Marie-Rose Carton-Pinna et Sandra Rivas Dávila qui, désormais, pilotent avec moi le festival.

Merci à eux et bon festival à tous.

Jocelyne Faessel

Présidente de CineHorizontes